“Je n’aimais jamais les photos de moi” : le déclic qu’une séance intimiste peut créer

Il y a quelques semaines, une femme est arrivée à l’un de mes Rendez-Vous Intimistes avec une phrase que j’entends, moi aussi, très souvent : “Je n’aime jamais les photos de moi.”

Elle ne disait pas ça avec légèreté, c’était plutôt devenu une vérité sur elle-même comme une croyance installée depuis longtemps.

Elle évitait les photos de groupe.
Elle se critiquait dès qu’elle voyait son ventre.
Et son premier réflexe, face à une image, était toujours de chercher ce qui n’allait pas.

Pourtant, elle avait réservé, pas forcément parce qu’elle se sentait prête mais parce qu’au fond, quelque chose en elle avait envie d’essayer de se voir autrement et c’est souvent comme ça que tout commence.

Quand on tourne en rond avec sa propre image

Au début de la séance, elle essayait déjà de “bien faire” : bien se placer, rentrer le ventre, contrôler ses gestes, vérifier ses cheveux, chercher la bonne posture.

Tu connais peut-être cette sensation : quand face à une photo, on ne se laisse plus simplement être.

On cherche à corriger, à cacher, à anticiper ce qui pourrait nous déplaire et plus on contrôle, plus on s’éloigne de soi.

Comme dans beaucoup de choses, quand on reste seule avec son propre regard, on finit parfois par tourner en rond dans les mêmes critiques. Toujours les mêmes angles morts. Toujours les mêmes zones qu’on rejette. Toujours les mêmes histoires que l’on se raconte.

Le moment où quelque chose a changé

Pendant la séance, je l’ai doucement guidée vers autre chose. Pas des poses figées ni dans une recherche de perfection.

Mais je l’oriente en lui conseillant de ralentir en bougeant lentement et en faisant appel à ses sens comme : ressentir le tissu qui glisse sur la peau, laisser ses cheveux vivre, déposer et détendre les épaules. J’invite également à avoir des respirations plus profondes pour revenir peu à peu dans son corps, se déposer et habiter la lumière.

Et à un moment, il y à toujours de déclic, elle arrête de vouloir poser à tout prix. Elle finit par être juste là, présente. Dans sa douceur et sa lumière naturelle. C’est à cet instant précis que les images changent, parce qu’elle ne cherche plus à correspondre à une image idéale, elle est revenue à sa sensation naturelle et sa féminité unique.

Ce qu’elle ne voyait plus seule.

Quand elle a découvert sa galerie, elle m’a écrit : “Je me trouve belle, et surtout je me reconnais.”

Cette phrase est puissante. Parce que souvent, le problème ne réside pas le corps mais dans regard figé que l’on porte sur lui.

Quand on reste seule avec ses pensées, on peut facilement ne plus voir que :

  • ce ventre qu’on juge
  • cette posture qu’on n’aime pas
  • cette expression qu’on interprète mal

Mais parfois, il suffit d’un autre regard.

Un regard plus doux, des gestes plus lent et une posture plus incarnée.

Pas pour transformer qui l’on est mais pour révéler ce que l’on perd de vue avec le temps.

La photographie comme miroir plus tendre.

C’est exactement dans ça que réside la force de la photographie intimiste, pas dans le fait de faire de belles photos.

Mais dans le fait de créer un espace où une femme peut enfin :
– se voir autrement
– sortir du contrôle
– déposer ses automatismes
– ressentir son corps au lieu de le juger
– découvrir une version d’elle plus vraie

Et souvent, il suffit d’un instant, d’une lumière ou d’un mouvement sincère pour que tout redémarre à l’intérieur.

Comme elle me l’a dit après : “Je pensais avoir un problème avec mon corps. En réalité, j’avais surtout besoin d’un autre regard.”

Et parfois, c’est exactement ça qui change tout.